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Un livre de Sonia Medina
Préface d'Albert Memmi
Editions David Reinharc
C'est le livre dont toute la communauté juive, en France, parle.
Pareil engouement pourrait agacer le critique littéraire, peu disposé à servir la soupe à un journaliste-éditeur, même s'il appartient à la famille d'«Israël Magazine ». Pourtant, ce livre, qui parle de la Tunisie et de l'exil, de la douleur du déracinement et de la découverte d'un autre monde, est une méditation poétique sur l'existence.
Tunisien ou non, on se reconnaît dans ce livre empli d'humour, de personnages pittoresques (de la mémé couscous-boulettes au père français qui, l'espace d'un instant, redevenait un bédouin) d'intelligence du cœur et, parfois, de tristesse.
Sauf qu'à trop pleurer sur les morts, certains écrivains nous les ont faits oublier pour ne retenir que les larmes.
Les circonstances historiques - le départ d'une famille juive de Tunisie- dégagent une charge poétique et nostalgique très forte: la Tunisie reste fortement ancrée dans leur imaginaire et en partant, ils l'ont magnifiée. Ce livre est comme une musique intérieure, un retour sur soi, d'une femme talentueuse qui cherche son souffle au milieu des phrases.
« Rouge Harissa « a reçu le Prix du Meilleur Livre d’Humour juif
Dans la réalité, Tunis est présent partout : les personnages ont comme transporté leur ville ailleurs. Et Tunis est bien plus vivant et réel à Paris qu'à Tunis même. Il y a le monde intérieur dans lequel vivent ces gens et l'extérieur : leurs villes d'accueil dans lesquelles ils évoluent comme des étrangers, voir des touristes. Dans ce sens ils vivent entre deux mondes.
« Rouge Harissa », est plus qu'un livre sur l'exil d'une juive tunisienne, est un récit sur une vision possible de l'homme, quand il est jeté ailleurs, qu'il doit disparaître.
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